Un parcours en contrat à durée déterminée d’insertion dure jusqu’à 24 mois. Entre le premier entretien et la sortie, il se passe beaucoup de choses que ni le candidat ni l’employeur qui recrutera ensuite ne connaissent précisément. Voici le déroulé, étape par étape, tel qu’il se vit dans nos cuisines. Si les sigles du secteur vous échappent, commencez par notre article sur l’insertion par l’activité économique.
Ce texte s’adresse aux personnes qui envisagent un parcours, aux prescripteurs qui orientent, et aux employeurs qui se demandent ce que vaut vraiment cette ligne sur un CV.
Étape 1 : l’agrément, avant tout le reste
On ne postule pas à un poste en insertion comme à un autre emploi. L’accès suppose un agrément délivré par le service public de l’emploi, qui vérifie que la situation de la personne relève bien du dispositif : chômage de longue durée, allocataire de minima sociaux, absence de qualification, âge, discriminations rencontrées à l’embauche.
Concrètement, cela veut dire passer par un prescripteur : France Travail, une mission locale pour les moins de 26 ans, un référent du RSA, ou un service social. Vous pouvez nous contacter directement, nous vous orienterons vers le bon interlocuteur, mais l’agrément reste un préalable.
Étape 2 : l’entretien, qui ne ressemble pas à un entretien d’embauche
Nous ne cherchons pas un diplôme ni une expérience en restauration. La question porte sur la disponibilité réelle : les horaires sont-ils tenables avec la garde des enfants, le trajet est-il faisable, y a-t-il des rendez-vous de santé à intégrer, la situation administrative permet-elle de signer un contrat ?
Ces questions paraissent intrusives. Elles évitent surtout d’engager quelqu’un dans un parcours qui s’effondrera au bout de trois semaines pour une raison de transport ou de garde d’enfants.
Étape 3 : la signature, et un vrai salaire
Le contrat à durée déterminée d’insertion est un contrat de travail complet. Le salarié perçoit une rémunération au moins égale au SMIC, cotise, acquiert des droits à la retraite et au chômage, bénéficie de congés payés et de la médecine du travail.
Pour beaucoup de personnes que nous accueillons, c’est le premier bulletin de salaire depuis des années, parfois le premier tout court. Cette bascule administrative change des choses très concrètes : l’accès au logement, à un crédit, à une carte bancaire.
Étape 4 : les premières semaines en cuisine
Le salarié rejoint une brigade encadrée par des chefs cuisiniers en contrat à durée indéterminée, ou par notre chef pâtissier à la boulangerie Dessine-moi un pain. Il apprend sur le poste, en production réelle, avec des clients qui attendent leur commande.
C’est la différence avec un stage ou une formation en centre. Le service de midi arrive à midi, la commande traiteur part à l’heure prévue, et un pain raté est un pain qu’on ne vend pas. Cette exigence est ce qui rend l’expérience transférable ensuite.
Les premières semaines portent sur les bases : l’hygiène et les règles sanitaires, le rythme d’un service, la place de chacun dans une cuisine, le vocabulaire du métier.
Étape 5 : l’accompagnement social, en parallèle
Un parcours professionnel ne tient pas si le reste s’effondre. Dès l’entrée, une conseillère en insertion établit un diagnostic de la situation sociale et s’attaque aux freins qui bloquent l’accès durable à l’emploi : logement, santé, mobilité, garde d’enfants, dettes, démarches administratives.
Chez nous, cet accompagnement s’appuie sur une convention avec l’association Femme Dans La Cité, celle-là même dont les ateliers cuisine ont donné naissance à l’AVIE en 1996.
Étape 6 : la formation qualifiante, pour qui le souhaite
Les salariés qui veulent aller vers une qualification reconnue préparent un CAP Cuisine ou un CAP Pâtissier avec le GRETA hôtelier, en parallèle de leur travail. D’autres formations sont mobilisées selon le projet : permis, langue, habilitations spécifiques.
Tout le monde ne s’engage pas dans cette voie, et ce n’est pas un échec. Certains parcours visent d’abord un retour à un rythme de travail et une remise en confiance, ce qui est déjà considérable après plusieurs années d’éloignement.
Étape 7 : préparer la sortie, dès le milieu du parcours
La préparation à la sortie commence bien avant la fin du contrat : CV, simulations d’entretien, mise en relation avec des employeurs du bassin, candidatures accompagnées.
Une sortie est considérée comme positive quand elle débouche sur un emploi durable ou sur une formation qualifiante. C’est l’indicateur principal sur lequel une structure d’insertion rend des comptes à ses financeurs, et celui que tout acheteur devrait demander.
Ce que tous les parcours ne font pas
Certains s’arrêtent avant terme. Une santé qui se dégrade, un déménagement, une situation familiale qui bascule, parfois simplement l’envie d’autre chose. Nous préférons le dire clairement : un parcours d’insertion offre une chance dans des conditions professionnelles réelles, sans garantie de résultat au bout.
Ce qui reste, même quand la sortie n’est pas celle espérée, ce sont des mois cotisés, une expérience vérifiable et des contacts dans un secteur qui recrute.
Et pour un employeur qui recrute ensuite ?
Une personne qui sort d’un parcours chez nous a travaillé en cuisine professionnelle pendant des mois, avec des horaires contraints, des normes sanitaires strictes et des clients réels. Elle connaît le rythme d’un service et sait travailler en équipe sous pression.
Si vous recrutez dans la restauration sur le bassin toulonnais, écrivez-nous. Nous savons qui cherche un poste et dans quelle spécialité.
Questions fréquentes
Faut-il un diplôme ou une expérience en cuisine ?
Non. La plupart des personnes que nous recrutons n’ont ni l’un ni l’autre. L’apprentissage se fait sur le poste, encadré par des professionnels.
Combien de temps dure un parcours ?
Jusqu’à 24 mois, renouvellements compris. La durée réelle dépend du projet de chacun et de la rapidité avec laquelle une solution de sortie se dessine.
Le salaire est-il le même qu’un poste classique ?
La rémunération est au moins égale au SMIC, avec les mêmes droits qu’un autre salarié. La différence tient au temps consacré à l’accompagnement et à la formation, financé par l’aide au poste versée par l’État.
Peut-on candidater directement auprès de vous ?
Écrivez-nous, nous vous répondrons et nous vous indiquerons le prescripteur à contacter pour obtenir l’agrément. Sans cet agrément, nous ne pouvons pas vous embaucher sur un poste en insertion, quelle que soit votre motivation.
Recrutez-vous toute l’année ?
Le nombre de postes est fixé par notre conventionnement, et ils se libèrent au fil des sorties. Manifestez votre intérêt même en l’absence d’offre affichée : les places se libèrent parfois vite.